Sessions

SESSION 1 - L’âge du Bronze en Corse et en Sardaigne, violence et instabilité sociale en question dans les îles

Depuis les premières recherches menées en Corse au milieu du XXe siècle, l’archéologie révèle des éléments permettant de supposer qu’il régnait sur l’île un certain climat d’instabilité sociale au IIe millénaire avant notre ère. Cette considération est déduite de l’interprétation de plusieurs manifestations matérielles, artistiques et architecturales, qui caractérisent essentiellement les vallées méridionales. Dans ces territoires contraints par le littoral et les reliefs, la compétition entre petits groupes pour le contrôle économique des terroirs semble croitre à l’âge du Bronze, parallèlement à la mise en place de réseaux d’approvisionnement en matières premières extérieures (étain, ambre, verre, etc.). Dans ce cadre, la responsabilité d’élites assumant la gestion des schémas de distribution et de stockage a été maintes fois mise en avant, bien qu’il reste difficile d’entrevoir s’il s’agit plus d’une cause que d’une conséquence du processus. Ce phénomène complexe s’exprime localement à plusieurs niveaux. La multiplication des casteddi (habitats fortifiés) et des torre (greniers) en est l’une des principales illustrations. Leur étude fournit des clés pour comprendre l’intensité des conflits et des enjeux économiques qu’ils sous-entendent. Les tensions sociales transparaissent aussi dans l’émergence des statues-menhirs armées à travers lesquelles on peut mesurer l’essor du statut du guerrier au sein des groupes insulaires. L’analyse des dépôts, funéraires ou non, et des rares armes conservées, permet de compléter la perception d’un environnement social que l’on imagine teinté de belligérance quotidienne. Mais est-ce vraiment le cas ?

 

SESSION 2 - Attaquer, parer, riposter : les techniques du guerrier

Dans cette session, il s’agira de présenter des travaux se détachant des savoir-faire technologiques et de la variabilité typologique des armes métalliques, offensives et défensives, pour concentrer les réflexions sur l’aspect pratique et fonctionnel de l’équipement du guerrier, pour une zone étendue de la Scandinavie à l’Egypte et de l’Atlantique au Proche-Orient. A titre d’exemple, les techniques de combat individuel ont récemment connu des avancées grâce à l’intégration des analyses balistiques (traces de blessures observées sur des restes anthropologiques) et tracéologiques (traces d’impact sur des parties spécifiques de certains équipements), permettant d’observer que les armes n’étaient pas toujours utilisées de la façon imaginée initialement. De même, l’étude fonctionnelle des systèmes d’emmanchement et de la portée des armes renseigne parfois sur la position du (des) combattant(s) et le panel de coups ou de parades dont il(s) disposai(en)t pour esquiver, désarmer, blesser ou tuer son adversaire. Avec l’appui de représentations iconographiques, la question du maniement pratique de l’armement figuré se pose aussi autrement : certaines cuirasses, épées ou hallebardes étaient-elles véritablement utilisées à la guerre ou seulement lors de cérémonies particulières, dans la tombe ou à la chasse ? A l’inverse, certains outils (haches, masses) pouvaient-ils être utilisés comme de l’armement, occasionnel ou institutionnalisé ? On s’intéressera également à la façon de porter et de « vivre » l’arme, à son rangement, son entretien et son transport, par l’intermédiaire de l’étude des baudriers, fourreaux et autres carquois réels ou figurés. Enfin, on accordera aussi une place aux « machines de guerre », comme les chariots, qui font leur apparition en Méditerranée orientale à l’âge du Bronze.

 

SESSION 3 - Prendre une place ou la défendre : les stratégies collectives de la poliorcétique et de la bataille

Les fortifications occupent une place prépondérante dans le paysage de l’âge du Bronze européen et méditerranéen. Ces ouvrages, qu’ils soient de terre levée, de bois ou de pierre sèche, sont dans la plupart des cas interprétés comme des centres de pouvoir, têtes de pont ostentatoires des systèmes de gestion et de contrôle des territoires qu’ils dominent. L’enceinte joue alors le rôle de mur protecteur, mais également de limite spatiale nette entre des espaces différemment considérés. On s’intéressera plus particulièrement ici à l’équipement militaire de ces places et aux façons de le contourner ou de le défendre. Une place particulière sera réservée aux témoignages d’assaut (incluant raids, pillages, incendies et destructions des espaces habités) et de toute autre information liée à la poliorcétique, notamment en lien avec les stratégies collectives. Cette session est également destinée à accueillir des communications sur le thème des champs de bataille, terrestres ou maritimes : quels sont les éléments permettant de les caractériser et existe-t-il des lieux privilégiés de ces témoignages de violences armées protohistoriques ?

 

SESSION 4 - Du symbolisme à l’idéologie de la violence individuelle et sociale

Cette session se propose d’aborder la sphère de la violence d’un point de vue symbolique et statutaire, à travers les témoignages liés au pouvoir, à la force individuelle et collective et à leur représentation. Qui fait la guerre ? Quel est le statut des guerriers au sein des sociétés considérées ? Qu’en est-il du mercenariat ? La violence est-elle l’apanage de l’homme ? Quel lien entre violence et pouvoir ? Le pouvoir est-il phallocratique à l’âge du Bronze ? L’arme peut-elle être une synecdoque du guerrier ? On cherchera à confronter les sources permettant d’aborder ces problématiques avec des modèles interprétatifs à l’échelle de l’individu et/ou de la société.

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